standard iot

L’Internet des Objets ne se développerait pas aussi rapidement qu’il pourrait à cause d’un manque de standardisation. Et pourtant, ce standard tant attendu existe déjà, il est même contenu dans la question : le standard, c’est Internet.

Les articles sur le sujet reviennent régulièrement et se concentrent sur la problématique des protocoles de communication avec ou sans fil, et des langages associés.

Dans cet article de Frédéric Cavazza (@FredCavazza), La bataille des standards nuit-elle à l’adoption de l’internet des objets, la problématique soulevée est le nombre trop important de standards disponibles.

Dans cet autre article, L’Internet des objets a besoin de normes pour se diffuser, Pierre-Marie Mateo (@P2Ms), relève que « la fragmentation issue des différents systèmes a clairement été identifiée comme obstacle majeur à l’innovation ».

La profusion de standards vue d’ici est réelle, mais est-elle réellement bloquante pour le consommateur final ?

L’utopie du protocole universel

Il ne faut pas rêver, le protocole universel n’existe pas et n’existera jamais ! Premier exemple, celui des protocoles. IBM s’est auto-annoncé être le standard avec MQTT. Et pourquoi pas CoAP, XMPP ou Java ?

Il y a ensuite celui des modes de communication sans fil bas débit, parfaits pour les objets connectés, mais très nombreux : Z-Wave, ZigBee, Bluetooth LE, DASH7, ANT+, etc.

iot landscape

Et encore au-dessus, il y a les organisations qui créent des sur-couches supplémentaires, et surtout propriétaires, comme IO-Homecontrol ou Confluens. Ce qui revient simplement à dire : nous on est ouverts et compatibles, mais uniquement entre amis.

Inutile d’attendre le protocole universel propre à l’Internet des Objets, il n’arrivera pas (même si je crois fortement au futur WiFi 802.11ah dont je vous parlais dernièrement). Heureusement, l’IP est là pour nous.

IP : le standard de l’Internet des Objets

Si les objets sont connectés à Internet, c’est qu’ils possèdent soit une prise réseau, soit le WiFi. Avec cela, ils sont donc capables de communiquer sur IP : le standard existe donc bel et bien !

Prenons l’exemple de la station météo Netatmo. Le module maître communique en WiFi avec sa box Internet pour transmettre les données dans le cloud à intervalle régulier. Est-ce qu’il est nécessaire de se poser la question du protocole de communication sans fil employé entre la station maître et les stations esclaves ? Il existe, il est sans fil, il est propriétaire, mais au final, cela ne nous concerne pas puisque le système communique avec Internet et avec mon smartphone.

netatmo API

Il en va de même pour la plupart des objets qui utilisent un langage et un protocole de communication propres, mais qui sont, soit compatibles IP directement, soit livrés avec leur petite passerelle vers l’IP.

Au final, l’utilisateur veut donc visualiser et contrôler ses objets connectés depuis son smartphone. D’ailleurs quel objet connecté n’a pas d’application mobile ? Encore plus important que l’IP, le standard à viser, c’est le smartphone !

Passerelles & plateformes

A partir du moment où des objets connectés sont capables de communiquer sur Internet, ils sont capables de communiquer ensemble. Si tant est que l’on souhaite les faire converser ensemble, ce qui n’est pas une nécessité selon ses usages, le tout est d’avoir la passerelle ou la plateforme pour cela.

La plupart des box domotique 2.0 sont capables de jouer le rôle de passerelle aujourd’hui, de la Zibase à Lifedomus en passant par SmartThings.

IFTTT

Côté cloud, il y a l’incontournable IFTTT qui vous permet par exemple d’allumer une lampe Philips Hue (protocole ZigBee) depuis un interrupteur Belkin WeMo (protocole WiFi).

Il existe également des applications à installer sur son smartphone qui sont capables de parler avec tout ce qui est IP, comme Iridium, OpenRemote ou OpenHAB.

Techniquement, il faut ici mentionner les API qui sont les briques indispensables à ces interactions. J’y reviendrai dans un futur billet.

En conclusion

L’absence d’un standard universel n’est pas un frein à l’adoption de l’Internet des Objets. Les solutions sont déjà là pour passer outre la jungle de formats et de protocoles de façon transparente.

Par contre, ces solutions ne sont pas encore parfaitement packagées pour pouvoir être accessibles de façon plug-and-play à tout un chacun. Les passerelles et plateformes listées ci-dessus impliquent encore une prise en main complexe.

Ce qui freine la démocratisation des objets connectés, c’est donc l’accès encore quasi inexistant à des interfaces simples (configuration & utilisation), quel que soit le langage et le protocole, dont l’aspect universel à travers l’IP est transparent pour l’utilisateur final.

A côté de la technique, se pose aussi la question des usages : pourquoi vais-je acheter ce ou ces objets connectés, que vais-je en faire, que vont-ils m’apporter, pourquoi vais-je les connecter ensemble ? Le frein ne se trouverait-il pas dans les usages ?

myfox

Pour aller plus loin :

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3 Comments

  1. bonjour Alban, comme toujours, très bon papier, mais j’ajouterai aussi la crainte de la fuite d’information et donc de la sécurité des données et surtout de la peur du cloud….
    Arnaud

  2. Merci Arnaud ! Effectivement, il y a cette question des « données » que je traiterai dans un futur billet. Note que la solution Ube (http://myube.co/) fonctionne en local, sans box, en full IP : l’intelligence est dans l’app mobile.
    Par contre, si on veut stocker les données en local, il faut une « box » pour les conserver et les traiter. Un produit qui n’existe pas pour le grand public pour l’instant. Pour les autres, il y a Synology et consorts.

  3. Bonjour Alban,

    Article intéressant s’il en est mais je suis loin de partager les conclusions :
    « il est propriétaire, mais au final, cela ne nous concerne pas puisque le système communique avec Internet et avec mon smartphone. »
    C’est sans doute valable pour les personnes qui utilisent des solutions clef en main (le fameux smartphone 🙂 ), mais pas pour les adeptes du DIY pour qui il est indispensable de pouvoir accéder en toute « liberté » aux sondes.

    A titre d’exemple, j’ai eu l’expérience désagréable des sondes « Optio » qui ne sont compatibles qu’avec elles-mêmes et que je ne peux donc pas réutiliser avec mes propres développements. Ben maintenant, l’ouverture est un critère important lorsque je choisie une solution.

    A+

    Laurent

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