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Le Smart Grid est un terme que vous avez sûrement dû entendre quelques fois ces derniers mois grâce à l’arrivée prochaine du nouveau compteur électrique Linky. Concrètement, qu’est-ce que ça va changer pour nous ?

Le smart grid est un terme qui désigne un réseau de distribution électrique intelligent, capable de s’adapter à la demande afin d’éviter les « blackout » mais également de faire bénéficier les consommateurs des meilleurs services et des meilleurs tarifs. Le compteur ErDF Linky est l’équipement indispensable qui va permettre de construire un smart grid français.

Linky a été largement décrié dans de nombreux articles parce qu’il touche à notre vie privée. Pour résumer, EDF saura en temps réel ce que nous consommons et sera susceptible de modifier notre abonnement, et donc de nous fournir moins d’électricité en cas de pic de consommation, typiquement par grand froid. En contrepartie, nous connaîtrons notre consommation détaillée, et notre contrat pourra s’adapter plus finement à notre consommation réelle, ce qui peut conduire à des économies sur notre contrat.

schema 1

Je ne vais pas relancer la polémique ici, chacun se fera sa propre opinion sur le bienfondé ou pas de cette démarche, les articles sur le sujet sont nombreux. Quoi qu’il en soit, le projet Linky ayant été validé définitivement, nous aurons tous l’un de ces compteurs chez nous d’ici quelques années.

Concrètement, l’exemple EcoGrid à Bornholm

L’Ile de Bornholm, au large du Danemark, est l’un des premiers endroits en Europe à tester un projet de smart grid grandeur nature, EcoGrid.

Côté réseaux de production d’énergie, plusieurs sources sont disponibles sur l’Ile, ce qui donne toute son importance au projet pour mixer correctement les appels aux différents fournisseurs :

  • Eolien : 30 MegaWatts
  • Bio-masse : 16 MegaWatts
  • Bio-gaz : 2 MegaWatts
  • Photovoltaïque : MegaWatts

ecogrid-Bornholm

Un certain nombre d’habitants ont été équipés des appareils suivants : des compteurs intelligents, des actionneurs pour les appareils les plus consommateurs comme l’électroménager ou le chauffage, et une application PC/mobile pour suivre ses consommations.

D’autres moyens ont été mis en œuvre dans ce projet comme la multiplication des véhicules électriques et le stockage d’une partie de l’énergie produite dans des stations locales. Tous les équipements et les habitations participantes sont reliés par fibre optique pour les échanges d’informations.

L’application permet de lire sa consommation, mais également de connaître les coûts de l’énergie des périodes à venir. On peut ainsi prendre des décisions sur l’utilisation de ses appareils électriques et réaliser des économies. L’exemple concret qui est donné est l’impossibilité de pouvoir utiliser tel appareil électro-ménager sur une période donnée de forte demande en énergie.

ecogrid-Bornholm-app-iphone

Espérons qu’il y a un minimum d’intelligence embarquée, pour que le système puisse prendre des décisions de façon autonome, afin de ne pas avoir à rester les yeux rivés sur les courbes et la fluctuation du coût de l’énergie au jour le jour.

On n’a pas encore de retour concret sur cette expérience, mais dans l’idée, il y a toutes les chances que le résultat soit positif, aussi bien pour le consommateur final que pour le fournisseur d’énergie.

Du smart grid au super grid

L’Union Européenne souhaite nous faire dépasser le smart grid pour passer à terme au super grid. Un ensemble de smart grid nationaux capables de communiquer entre eux permettra à l’échelle du continent européen de rendre le réseau électrique encore plus intelligent, et d’éviter des pannes généralisées dans un pays dues à un défaut d’approvisionnement dans un autre. Une expérience que nous avons déjà pu vivre en France il y a quelques années.

http://tcktcktck.org/wp-content/uploads/2011/08/Europe-Roadmap-2050-Super-Grid.jpg

Les résultats ne semblent pas être très probants pour l’instant d’après un récent article de EurActiv.fr, malgré près de 248 projets initiés autour des smart grids en Europe à ce jour.

De la domotique à la smart city

Pour redescendre plus local, plus concret pour nous, le concept global de la smart city va bien plus loin que le « simple » smart grid, celui-ci n’en est qu’une des composantes. Libelium, fournisseur d’objets connectés, délivre sa vision à travers cette très belle infographie qui résume la ville de demain : qualité de l’air, de l’eau, logistique, transports et trafic, risque d’incendies et de fuites des canalisations, … Tout sera connecté !

libelium_smart_world_infographic

Grâce aux objets communicants de notre quotidien et à la domotique, notre maison saura de plus en plus collecter des données et prendre des décisions de façon autonome. En transmettant certaines de ces informations à la ville et vice-versa, notre maison gagnera encore plus de confort et d’intelligence, que ce soit pour l’énergie, le ramassage des déchets, la géolocalisation ou encore la sécurité des biens et des personnes. Les possibilités sont énormes.

L’exemple de Bornholm peut sembler déjà très en avance, mais ce n’est rien par rapport à ce qui nous attend dans les années et décennies à venir !

myfox

Pour aller plus loin :

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Brand love manager :) Des questions sur les systèmes d'alarme connectés et intelligents ? Lisez nos articles, suivez notre actualité, parcourez nos FAQ, ou demandez-moi !

6 Comments

  1. Sujet très intéressant. Merci pour me l’avoir fait découvert.

  2. Le smart grid n’a pas encore toute son importance parce que le citoyen n’est pas encore impliqué dans la production énergétique. Mais demain la production d’énergie deviendra de plus en plus citoyenne. Et là, le système smart grid prendra toute son importance, parce qu’alors l’énergie deviendra gratuite.

    En étant coopérateur des sociétés coopératives de production d’énergie diverses qui vont émerger, donc actionnaire, le consommateur percevra des dividendes. Le plus économe fera donc des bénéfices sur sa consommation en encaissant plus de dividendes que de consommation et le gaspilleur devra payer le delta entre sa consommation et ses dividendes.

    Aujourd’hui, chacun n’a pas le choix, il faut payer l’abonnement à une société privée qui encaisse et fait ce qu’elle veut de l’argent. Mais le smart grid vise non seulement à localiser la consommation d’énergie, mais aussi la production. Demain, chaque maison deviendra productrice d’énergie. Chaque quartier deviendra producteur d’énergie. Et c’est là que le smart grid prendra toute son importance, visant à offrir un minimum énergétique entièrement gratuit à tous, voir même un petit bénéfice.

  3. Votre point de vue sur les quartiers autonomes est très intéressant. Dans cette optique, en parallèle de l’énergie, d’autres services pourront se gérer à l’échelle d’un quartier ou d’un petit village : eau, déchets, sécurité, information (local datas, serveur de stockage & de partage local), mise en commun (transports, outils, fruits & légumes, etc.). Est-ce un idéal ? Ou le risque de voir des quartiers totalement imperméables, vivant en autarcie ?

    • Je ne crois pas au risque d’isolement volontaire par des groupes qui contrôleraient un quartier (une secte, ou un groupuscule pseudo-écolo autonome).

      Tout d’abord, on peut produire soi-même son électricité depuis 2001 (jusque-là, au-delà de 15kW il fallait demander l’autorisation d’EDF et on avait l’obligation de revente de l’excédent au tarif de 8cts) et personne ne l’a fait.

      Ensuite, techniquement parlant, ce qui est particulièrement difficile et est même la raison d’être du smart grid, c’est la production régulière et précise d’électricité. L’interconnexion permet d’importer du réseau aux périodes de pics et d’exporter vers le réseau aux moments de pointes. Imaginez que le quartier se constitue en mini-réseau autonome, ce qui serait parfaitement légal au demeurant. Il devrait non seulement stocker l’énergie pour pouvoir la redistribuer au moment des besoins. Si trop peu est stocké, il y a pénurie. A l’inverse, quand le réseau produit à fond, en pleine journée, en plein été, alors que les maisons sont vides, que fait-on de l’énergie?

      A l’échelle d’un quartier, le réseau est un ballast. D’autant qu’EDF est en partenariat avec McPhy pour la construction d’énormes dispositifs de stockage de l’énergie excédentaire sous forme solide en oxydes ferreux. De créer ces gigantesques accumulateurs permet la gestion fine et précise du réseau inconditionnellement et donc de résoudre les pics et les pointes. Lors des pointes, tout ce qui vient est transformé en hydrogène et stocké sous forme solide, lors des pics la pile à combustible produit de l’énergie à la demande.

      Enfin, de se couper du réseau c’est également perdre un potentiel financier. On peut très bien imaginer un quartier beaucoup plus écolo que les autres où les habitants s’entendent pour avoir une vie spartiate et ainsi dégager de la performance pour que leur production énergétique finance par exemple une crèche, ou l’amélioration de l’habitat. Ces gens-là, par leur comportement humble font engranger de véritables fortunes à leurs coopératives, pour le plus grand bonheur d’autres habitants moins enclins à l’économie.

      Je ne crois donc pas à l’isolement. Peut-être des velléités se feront-elles jour, il y a toujours plus ou moins d’illuminés pour tenter quelque chose, mais je ne crois pas que ça tienne bien longtemps.

      Pour répondre à votre question, j’envisage des dizaines de métiers engendrés par le smartgrid.

      — Des spécialistes en ENR pour créer les coopératives de quartier et gérer les réseaux.
      — Des techniciens pour la maintenance des installations.
      — Des réseaux alternatifs pour la distribution.
      — Des système de récupération/distribution du contenu des méthaniseurs/composteurs.
      — Des financiers pour titriser les coopératives et vendre de la constitution patrimoniale ethique/écologique.
      — Des spécialistes de la gestion des déchets (je récupère vos déchets pour les méthaniser en échange d’un volume de courant au prix de X).
      — Pourquoi ne pas envisager l’exploitation d’une entreprise maraîchère en tant que salarié de la coopérative d’énergie? Ainsi, la coopérative produit non seulement l’énergie, mais aussi les légumes frais, au lieu de dividendes.

      Je vous laisse imaginer pour le Global Data, puisque vous l’envisagez et là, c’est assez large. Mais on peut très bien imaginer un DSlam privatif appartenant à la coopérative, connecté à un serveur qui fournit du cloud, un accès gratuit à internet, téléphonie, etc…encore d’autres métiers pour la gestion…

      Et, bien évidemment, comme nous sommes dans l’économie contributive en plein, peut-être la coopérative pourrait-elle une coopérative de gestion de la ressource, plutôt que de l’énergie? Et posséder une voiture break, deux citadines, un 4×4, une remorque, trois ou quatre paniers à chats, des machines de jardin, comme un motoculteur, une tondeuse auto-portée, un rotofil, une tronconneuse. Tout ceci pourrait encore être mis en location dans les autres coopératives pour augmenter le bénéfice. xDD

      …Ca peut aller loin, très loin, très très loin. L’intelligence collective est sans limite, c’est ça le capitalisme cognitif.

  4. Merci pour cette vision très intéressante que je partage. J’apprécie également le contenu de votre blog.

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