air quality station

L’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) déclare que la mesure du CO2 ne peut être définie comme un outil unique de contrôle de la qualité sanitaire de l’air intérieur. Quels sont les autres composantes à surveiller, et comment ?

Le CO2 est la mesure la plus concrète pour surveiller la qualité de l’air : une concentration trop importante nécessite d’aérer le logement, c’est ce que nous avions vu dans un article précédent, Pourquoi s’intéresser au CO2, indice incontournable de la qualité de l’air intérieur ? Les produits qui contribuent à la promotion de cette mesure sont principalement la station météo Netatmo et la balance connectée Withings WS-50, l’acceptation étant plus simple puisque le capteur de CO2 est intégré dans un produit ayant une autre fonction globale.

D’autres mesures possibles

D’autres acteurs préfèrent donc s’attaquer à la qualité de l’air en général, sans se borner au CO2. Il faut dire que les symptômes d’un air de mauvaise qualité peuvent être nombreux.

  • Le monoxyde de carbone, qui est le résultat du mauvais fonctionnement d’appareils de chauffage, du tabagisme ou de la pollution automobile. Une concentration anormale peut entraîner la mort assez rapidement. Le CO est la première cause de mortalité par intoxication.
  • Les COV, ou composés organiques volatils, qui comprennent entre autres les formaldéhyde, benzène, naphtalène, trichloréthylène et tétrachloroéthylène. Il peuvent provenir aussi bien de la décoration que du mobilier et des objets. Une concentration trop importante peut avoir des conséquences graves sur la santé.
  • Les particules fines, qui peuvent être provoquées par des activités culinaires, les produits de nettoyage, la fumée de tabac ou l’air extérieur. Elles aussi peuvent avoir un impact non négligeable sur la santé à long terme.
  • L’Anses préconise de mesurer également l’acide cyanhydrique, un composant présent dans les pesticides, la fumée de tabac et la pollution automobile.

Comme on peut le voir, les risques sont donc nombreux. Mesurer le CO2 pour son confort, c’est bien, mais si l’on souhaite réellement connaître la qualité de l’air, il faut aller plus loin.

COMMENT MESURER TOUTES CES VALEURS ?

Il existe aujourd’hui des obligations pour certains types d’établissements recevant du public, les bureaux, les industries, mais il n’y a aucune obligation pour ce qui concerne le résidentiel. Des sociétés spécialisés peuvent venir réaliser des mesures chez vous ou vous mettre à disposition des kits de mesure à leur renvoyer pour analyse.

Avec la multiplication des objets connectés, en existe-t-il qui vont plus loin que la simple mesure du CO2 ? La plupart ne vont s’intéresser justement qu’à une mesure en particulier. Il y a également les capteurs de monoxyde de carbone (CO) que l’on peut trouver chez de nombreux fabricants, et dans différents protocoles (RF, Z-Wave, KNX, …).

Mais en dehors du CO2 et du CO, il n’y a pas encore de solution grand public pour les autres composantes mesurables. Quelles sont les solutions actuellement dans les tuyaux ?

Les projets en cours

La mesure des particules fines est au centre ud projet Air.Air! sur Kickstarter, avec un produit tout simple, grand public, dédié à cette seule fonction et dont l’affichage et les alertes se font sur iPhone.

La AirBase semble être au stade du prototype avancé, avec des stations connectées déjà en fonctionnement. Elles mesurent, entre autre, la poussière, l’Ozone et les COV.

AirBase

Le projet français Air Box Lab est très complet puisqu’il couvre le CO2, le CO, les COV et les particules fines ! Ce serait donc le prétendant idéal, connecté, grand public, qui répond en plus aux attentes de l’Anses.

App AirBoxLab

Même si on s’éloigne un peu du sujet, n’oublions pas les solutions personnelles qui visent à analyser l’air extérieur afin de créer une base de données mondiale.

Il y a le Air Quality Egg, un objet connecté qui a beaucoup fait parler de lui à sa sortie et qui continue son chemin en collectant des données mondiales et en les envoyant à Xively (ex-Cosm). On peut aussi s’en servir en intérieur, surtout avec la carte fille Arduino à laquelle on peut ajouter en option un capteur pour les COV ou un capteur pour les particules fines. Mais on s’éloigne d’un produit grand public.

Diagram of how the egg works

Et puis il y a un autre projet équivalent, encore un peu plus geek celui-là, qui s’appelle AirCasting et qui nécessite de construire soi-même sa station de mesure. Une application de partage gratuite via Android est disponible.

Ac_acam_phonescreenshot

En conclusion

Mesurer le CO2, c’est aujourd’hui très simple, et ça permet de savoir quand ouvrir ses fenêtres pour aérer. Mesurer le CO pour rester à l’abri d’une intoxication mortelle est également très accessible.

Pour tous les autres composants qui se promènent dans l’atmosphère de nos maisons et pouvant avoir un effet néfaste sur notre santé, on voit qu’il existe un véritable élan vers des solutions de mesure. Rien n’est malheureusement disponible à ce jour pour le grand public.

Le projet Air Box Lab me semble le plus avancé et répondre à la demande : je veux connaître la qualité de l’air complète chez moi et les risques associés. Il a été financé sur Indiegogo, on attend impatiemment sa disponibilité et les premiers avis !

Lien utile : Observatoire de la qualité de l’air intérieur

myfox

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11 Comments

  1. Il existe déjà des produit grand public pour le CO2… http://www.netatmo.com/fr-FR/produit

  2. Tout à fait, c’est bien ce que j’ai écris dans mon texte : « Mais en dehors du CO2 et du CO, il n’y a pas encore de solution grand public pour les autres composantes mesurables. ». Ce sont pour les autres composantes qu’il n’y a pas de capteur grand public (COV, particules fines, etc.).

  3. Bonjour,
    Cette clé USB est effectivement une solution intéressante, mais ce n’est pas un objet connecté autonome tel qu’on l’entend (ce qui était l’objet de cet article), car elle est forcément dépendante d’un PC pour fonctionner.

  4. Bonjour, merci pour cet article intéressant, personnellement et professionnellement, et merci aussi pour les commentaires. Tout ceci m’éclairent bien sur ce qui existe et ce qui reste à faire.

  5. Bonjour,
    les compteurs de particules(fluke 985 ou autres) sont ils efficaces pour mesurer les différents polluants intérieurs (aldéhydes, cov, autres)

    • J’ai utilisé par le passé des compteurs de particules, les tests réalisés non jamais été hyper concluant. C’est pour cela qu’existe de vrai analyseurs type microbalance et autre.

      Pour revenir sur cette article, qui fait un point concret sur ce qui existe, n’ayant pas eu encore l’occasion de repasser en revue les technologies de capteurs miniature existantes, mais reste tout de même en suspend pour la « mesure » la question de la répétabilité, linéarité et surtout la calibration de ces capteurs.

      Pour info les lignes de mesure ainsi que les capteurs utilisés par les associations de la qualité de l’air, sont étalonnés très régulièrement.

      • C’est effectivement une question à poser aux fabricants de ces produits, comme AirBoxLab (le produit s’appelle maintenant Alima).

  6. Bonjour,
    Quelles sont les sociétés spécialisées dont vous parlez qui peuvent venir réaliser des mesures à domicile dans un appartement?

  7. Bonjour,

    Pour information, le capteur de pollution aux particules fines Air.Air! est désormais disponible à la vente sur Amazon: http://www.amazon.fr/Air-Air-Capteur-pollution-smartphone/dp/B00JHDVYZQ .

  8. Je ne savais pas qu’il y a des applications pur faire un test de l’air ! C’est hyper cool je trouve ! Comment peut-on accéder à ce test ?
    Janette Foix | http://www.airmax-environ.com/a-propos.php

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