minority report home automation

Les interfaces de contrôle non « tactiles » sont au cœur des films de science-fiction. Certains pensent que l’exemple de Minority Report pourrait être transposé dans nos maisons pour la piloter entièrement. Où en est-on vraiment aujourd’hui ?

Suite à l’article publié sur Numerama cette semaine concernant le pilotage domotique par la pensée, il m’a semblé intéressant de faire un petit tour d’horizon des nouvelles interfaces appliquées à la domotique. On pourrait même parler d’interfaces du futur puisque je vais vous parler ici du contrôle par les gestes, la voix et la pensée. Regardons maintenant où l’on en est des avancées dans ce domaine.

La domotique par les gestes : pas encore prête

L’exemple de ce fameux film avec Tom Cruise revient sans cesse en avant : un écran courbé et géant face à lui et des fenêtres qu’il manipule simplement avec les mouvements de ses bras. On serait alors débarrassé du clavier/souris et de l’écran tactile, nos mains n’auraient plus besoin de ces intermédiaires. Cependant, comme le note régulièrement les ergonomes, combien de temps peut-on rester les bras en l’air à réaliser des manipulations ?

Pour du travail sur ordinateur toute la journée, cela est clairement impossible. Pour quelques commandes dans la journée pour interagir avec sa maison, pourquoi pas ! Dans l’exemple en vidéo ci-dessus, c’est le récepteur Kinect de Microsoft, habituellement utilisé pour jouer au tennis ou pour sauter par dessus des troncs d’arbres, qui est le capteur de vos mouvements. L’application démontrée est le pilotage des lampes Philips Hue.

Le capteur Leap Motion que l’on voit sur la vidéo ci-dessus fait beaucoup parler de lui. Positionné devant un écran, il remplace clavier/souris ou tactile par de la gestuelle. Les performances sont assez impressionnantes pour ce si petit objet. Il n’existe pas encore d’application dédiée à la domotique, mais certains pensent que déjà que ce pourrait être l’interface idéale.

De nombreux projets de pilotage par les gestes sont donc inventés aujourd’hui par des développeurs de talent, mais il n’existe encore aucune solution plug-and-play pour le grand public. Pour les plus motivés, on trouve des exemples de programmation à reproduire chez soi.

La domotique par la voix : on s’en rapproche

Et si l’on ne bougeait même plus ? Il suffirait de parler à sa maison pour que celle-ci réalise les actions demandées comme allumer la lumière, augmenter le chauffage ou baisser le volume de la TV.  L’assistant Siri intégré aux iPhone vient alors tout de suite à l’esprit : je demande à mon téléphone de changer de chaîne. Cet exemple a déjà été mis en application. Mais il faut reconnaître que le résultat n’est pas à la hauteur : Siri est trop lent, et tous ceux qui s’en servent savent très bien qu’il est loin de reconnaître les demandes à tous les coups. Il paraîtrait que la reconnaissance vocale sous Android soit plus performante. A voir (à écouter)…

L’exemple du projet S.A.R.A.H. est à mon avis l’un des plus avancés dans le domaine. Développé par un passionné français, Jean-Philippe Encausse, ce projet est une solution domotique logicielle complète. La vidéo en exemple ci-dessus vous montre le pilotage par la voix d’un media center. On peut admirer la reconnaissance vocale très puissante capable d’aller plus loin que des termes pré-définis. Le système réagit à des phrases complètes.

Dans le domaine du pilotage de la voix, là encore, les solutions grand public ne sont pas encore au rendez-vous. Mais la vidéo du projet S.A.R.A.H. montre que c’est techniquement faisable aujourd’hui et que l’utilisation a l’air très agréable, très naturelle. Ne reste plus à attendre que cette fonctionnalité soit intégrée dans les solutions domotique du marché.

La domotique par la pensée : ça fonctionne déjà

Difficile d’aller plus loin que le contrôle par la pensée : on n’a besoin d’aucun objet de type télécommande, on n’a pas besoin de faire des gestes, et on n’a même plus besoin de parler. Penser aux actions que l’on veut que la maison réalise suffit !

Dans le projet ci-dessous, c’est un casque d’interface neuronale Emotiv qui va faire le lien entre notre cerveau et la maison. Développé par un informaticien français (encore !) ,Joffrey Dislaire, le programme est donc capable d’allumer la lumière par la seule force de la pensée.

Il existe un autre projet sur le même sujet, EEG Smart House, qui a déjà deux ans et qui a été développée pour les personnes atteintes de la maladie de Charcot. Il ne faut pas oublier que simplifier la vie des valides pour le confort peut devenir une nécessité pour ceux atteints de maladies graves.

Pour revenir aux solutions purement liées au confort, nous n’en sommes qu’au balbutiement du pilotage par la pensée, mais on sait déjà que c’est possible. Il reste encore la contrainte du casque à porter sur la tête et qui rend la solution finale moins sexy, mais gageons que le futur nous réservera de nouvelles solutions de lecture de notre pensée sans « interface » visible.

La domotique sans interface, ce n’est pas encore pour tout de suite

Les chercheurs et développeurs nous prouvent que la domotique gestuelle, vocale ou télépathique est tout à fait envisageable. Ces différentes formes d’interactions remplaceront peut-être demain les télécommandes et les écrans tactiles. Mais concrètement, nous n’y sommes pas encore, il n’y a aucun produit sur le marché prêt à l’emploi pour l’instant.

Et si on allait encore plus loin, et que le pilotage devenait inutile ? La maison deviendrait tellement connectée et intelligente qu’elle pourrait se passer de nos ordres directs. Une programmation de base, puis un auto-apprentissage permettrait à la maison de tout faire toute seule, sans rien avoir à nous demander. C’est un peu ce que fait le thermostat Nest finalement !

Et vous, si toutes ces solutions étaient disponibles, laquelle choisiriez-vous : gestuel, vocal ou par la pensée ?

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8 Comments

  1. Merci pour la citation 🙂

    SARAH gère aussi le pilotage par les gestes, les QRCodes, les NFC, la Pebble, etc, … du moment qu’il est possible d’envoyer une requête HTTP.

    Les gestures se déclarent en XML:
    http://encausse.wordpress.com/2012/10/08/s-a-r-a-h-allier-le-geste-a-la-parole/

  2. Il ne manque plus que le contrôle par la pensée et j’aurai pu parler de SARAH dans tous les paragraphes ! 🙂

    J’ai volontairement cité SARAH dans la catégorie où, d’après les vidéos, le système m’a le plus épaté.

    A bientôt !

    • Hé hé 🙂

      Effectivement, la communauté a surtout axé les dev sur la réco vocale et peu sur la réco gestuelle car il faut un kinect et que cela nécessite de la réflexion en terme d’UX.

      La réco faciale prends trop de CPU, elle est encore expérimentale.

      J’ai vu le contrôle par la pensée de NAO lors de DevoxxFR. Je pense que ça s’intègre sans problème avec SARAH, mais pour quoi faire …

  3. Simplifier la vie de personnes malades ou handicapée

  4. Ivee sur kickstarter est positionné sur ce thème

    • Ivee suit la lignée de Ubi (aussi Kickstarter) mais se base sur la reconnaissance AT&T (donc connectée) avec le problème du trigger qui va déclencher la reconnaissance (sur lequel Ubi a pas mal bloqué)

      Les 2 projets ne se basent pas sur des grammaires. Ceci couplé à un microphone array « inventé » je pense qu’ils vont avoir beaucoup de faux positifs.

  5. Alban, la domotique par geste, notre technologie fait ça quelque part 😉

  6. Luc > D’une certaine façon, c’est tout à fait vrai, je n’y avais pas pensé.

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